Épuisé, il s’assoit et regarde le ciel.

Encore la nuit, encore ce rien d’arrachement, inépuisable,  qui comme les nuages dans le ciel se font et défont a l’infini, impénétrable.

L’été porte à sa fin. Il ne reste plus que quelques rayons de soleil, qui de ci de là se posent sur le sol déjà froid d’automne. Aujourd’hui je n’ai rien fait, assis sur la chaise de bois aux pieds usés, je repense au vol d’oiseaux que j’ai vu ce matin s’extraire de l’eau. Leurs manières nonchalantes de pèlerins des airs pour m’aérer le cœur, et leurs chants sauvages, les remèdes éternels a la lente agonie des jours qui passent.

Parfois La vie s’accroche à nos yeux d’aveugle comme une marguerite sauvage dans les cheveux et nous offre ses lectures indéchiffrables, l’incommensurable silence des vérités invisibles.

Je me rappelle de cet homme aussi, c’était à la gare de Lyon je crois, nous attendions tous les deux nos trains respectifs, il faisait froid ce jour-là, les gares de nos jours n’offrent plus la chaleur qu’elles pouvaient donner d’antan, les coeurs clos passent un à un les barrières de sécurité comme des loups affamés, absents, éteints, vides.

Il était là posé contre le mur comme une statue que l’on aurait oubliée, il lisait un bouquin de science-fiction je crois, je n’en suis plus si sûr, nos regards ne se sont croisés qu’un bref instant, peut être devrais-je dire juste assez, je n’en sais rien.

Un jour une petite fille m’a demandée ce qu’était un miracle, pris par surprise, je ne su quoi répondre, après avoir réfléchi un instant je lui répondu qu’un miracle c’est lorsque les oiseaux s’envolent, c’est lorsque l’inespéré se produit, un miracle c’est l’espoir dans sa forme la plus intense.

Aujourd’hui quand je repense à cet homme planté comme une échelle dans le ciel à la gare de Lyon, quand je repense aux mots qu’il m’a lancés avant de s’éloigner pour rejoindre son train « La beauté nait toujours du naufrage. »  Je vois la nuée d’oiseaux s’envoler au loin. Deux miracles vernis par l’encre noire des mots, deux soleils luisant dans la nuit.

Il n’y a que très peu de chose qui nous touchent vraiment dans cette vie, mais ces choses-là quand elles nous touchent, laissent derrière elles les cicatrices d’une blessure salvatrice.

La vie se penche parfois vers nous, lentement, et l’espace d’un sourire nous assomme de ses coups ravageurs, l’image de son départ,  la dernière digue pulvérisée.

Publicités

Un commentaire sur “Épuisé, il s’assoit et regarde le ciel.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s