Les pensées s’en vont au ciel comme des fumées

La cavalière indienne s’engouffre dans la forêt silencieuse, élancée sur son cheval à la crinière prophétique. L’aigle poursuit sa chasse du haut du ciel. Des solitaires en besogne, au regard impétueux. Deux espèces de la même race travaillant sans relâche à l’effondrement du monde.

*

L’eau brûle dans la casserole sale sur le feu. La jeune femme remplit les vielles tasses et y plonge le thé froid. Le bois crépite, sous le regard avisé de la lune, les anges dansent autour du feu. Elle s’assoit quelques instants sur le maigre banc, c’est la première fois qu’elle s’assoit de la journée. Pendant un bref instant, elle est hors du monde, angéliquement hors du monde. Ses pensées rejoignent les fumées du feu au loin dans le ciel. Cela ne dure que quelques secondes, mais ces quelques secondes, elles vous arrachent à vous même. Ce sont ces quelques secondes que l’on attend plus, qui, lorsqu’elles arrivent, vous délivrent de la misère inépuisable de ce monde. En la voyant revenir à elle, comme si elle n’avait eu qu’une infime conscience de ce qui venait de se produire, je me retrouve ainsi retiré de tout. Dans cet abîme désolé, son sourire m’apparaît. Ce soir là, son sourire, un refuge pauvre pour les cœurs meurtris.

*

Le chien campé sur ses pattes arrières arrache de la prunelle de ses yeux l’universel de se monde, et tranche à vif le cœur des plus faibles.

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